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Qu’est-ce que les évaluateurs de talent recherchent à la Coupe Memorial

 

À l’approche de la Coupe Memorial 2019 présentée par Kia, nous avons pris quelques minutes pour discuter avec quatre des meilleurs évaluateurs de talent de la Ligue nationale de hockey.

Ce groupe est composé de Ken Holland, premier vice-président des Red Wings de Detroit, Jeff Gordon, directeur général des Rangers de New York, Michael Futa, directeur général adjoint des Kings de Los Angeles et Mark Kelley, vice-président du dépistage amateur, qui ont partagé leurs points de vue à propos du prestigieux tournoi et pourquoi il est devenu un rendez-vous annuel incontournable.

Quelle est la valeur qu’accorde votre organisation au tournoi de la Coupe Memorial?

Ken Holland : Je crois que le tournoi a une grande valeur pour les joueurs. Vous parlez d’athlètes de 17 à 19 ans qui sont toujours en développement. Toute l’expérience dont ils peuvent profiter dans les matchs importants sur des scènes importantes où il y a de la pression, ce sont toutes des expériences importantes dans leur développement comme joueurs de hockey. D’un point de vue de la LNH, on ne peut pas tout faire reposer sur un seul tournoi, mais c’est une autre occasion d’évaluer un joueur dans un vrai tournoi.

Jeff Gorton : Nous désirons toujours que nos joueurs évoluent au niveau le plus élevé et qu’ils disputent des matchs d’importance. Les voir dans cet environnement est excellent pour un dépisteur pour savoir comment ces gars se comportent sous pression. Quand vos choix au repêchage disputent ce tournoi, c’est la même chose que nous observons. Tu veux qu’ils se rendent aussi loin que possible. Tu veux qu’ils apprennent comment gagner et c’est évident que c’est important s’ils jouent des matchs du tournoi de la Coupe Memorial. Cela signifie qu’ils ont gagné dans leur parcours et qu’ils continuent de jouer des matchs d’importance, ce qui est vraiment bon pour leur développement.

Michael Futa : Chaque équipe veut intégrer une culture gagnante. Quand vous êtes capables de repêcher des gars qui ont fait partie d’une équipe championne et qui jouent au plus haut niveau d’intensité à des tournois comme celui-ci, qui génère autant d’attention chez les partisans, dans les médias et la pression qui accompagne tout cela dans un contexte où tout se joue souvent sur un seul match, nous aimons voir comment les gars performent face à ce défi.  Tout est en jeu, tu joues pour ton uniforme, pour ta ville et il y a l’élément de fierté qui joue aussi un grand rôle. C’est comme si le niveau de compétition grimpe de plusieurs crans et c’est bon de pouvoir évaluer les joueurs dans ce contexte.

Mark Kelley : Pour le dépisteur, la valeur de la Coupe Memorial varie d’une année à l’autre selon les équipes participantes, ton rang de sélection et les joueurs admissibles au repêchage qui disputent la compétition. Je crois aussi qu’il y a une autre valeur parce que c’est un repère d’évaluation des trois ligues d’où proviennent un grand nombre de choix du repêchage. Cela vous donne l’occasion de vraiment mesurer les joueurs aux autres et les équipes et les ligues aux autres alors il y a aussi là une certaine valeur.

Comment la performance d’un joueur à la Coupe Memorial peut affecter sa valeur au repêchage?

Ken Holland : Je crois que ça peut aider un peu. Évidemment, plus vous jouez, plus vous êtes visibles et plus vous êtes observés, plus vous avez l’occasion d’améliorer votre sort. D’un côté, il faut avoir un terrain égal dans l’évaluation des joueurs et tenir compte des joueurs éliminés plus tôt, comment ceux-ci sont affectés par leur équipe qui a été écartée plus tôt. De l’autre côté, plus vous jouez, plus vous êtes observés et si donc vous pouvez jouer du très bon hockey dans des matchs très importants et vous frayer un chemin jusqu’à la Coupe Memorial, cela ne peut pas nuire à votre valeur. C’est certainement une occasion pour les jeunes joueurs de disputer un tournoi profitant d’une grande visibilité avec les meilleures équipes juniors au pays devant des gradins bondés, beaucoup d’émotion et une atmosphère très spéciale contre de très bonnes équipes. Un club de la LNH veut avoir ce genre d’occasion d’évaluer les joueurs sur cette scène.

Jeff Gorton : S’ils connaissent une bonne performance, c’est vraiment utile. Il faut aussi être réaliste. Si on parle d’un joueur admissible, il ne faut pas oublier son âge et la pression qui pèse sur ces jeunes. Il faut vraiment qu’ils jouent très mal pour que cela leur nuise. Pour avoir assisté à ce tournoi, observé des joueurs et évalué leur performance, ils ont probablement très bien fait pour arriver à ce tournoi au départ. Je crois que ça peut parfois leur nuire, mais pas énormément. Je crois que nous sommes tous réalistes et que nous comprenons l’âge de ces gars. Nous devons nous rappeler cela parfois, mais c’est la réalité.

Michael Futa : C’est un peu comme un malaxeur où tu prends tout ce que le gars a fait et ce qui compte. Un exemple parfait serait Gabe Vilardi, qui a élevé son jeu d’un cran à la Coupe Memorial. C’est là qu’il faut le faire, particulièrement quand vous êtes admissibles pour le repêchage parce que vous êtes un des joueurs plus jeunes. Pour être un des meilleurs joueurs sur la patinoire et avoir une influence quand l’enjeu est important, cela ne peut que jouer en votre faveur dans votre évaluation. Cela en dit beaucoup sur votre caractère. Si le gars connaît un mauvais tournoi, mais qu’il sort d’une saison de 60 buts, je crois qu’il faudra prendre cela en compte aussi parce que tout jeune joueur peut vivre une léthargie. Parfois, il y a quelque chose de lié au fait de voir les meilleurs joueurs trouver un moyen de briller dans les gros événements. Quand vous repêchez des joueurs, c’est ce que vous désirez voir, comment ils peuvent avoir une influence sur les gros matchs, puisque c’est aussi quelque chose que vous désirez les voir faire chez les professionnels aussi.

Mark Kelley : J’essaie toujours d’avoir un regard positif puisque vous mesurez le travail d’un athlète sur une année ou deux alors je fais attention de bien pondérer mon évaluation sur un tournoi. Certainement, si un gars se démarque à la Coupe Memorial, il va attirer l’attention parce que c’est une compétition qui mène à un titre. On aime voir les gars se lever dans ces occasions.

Est-ce qu’il y a une qualité que vous recherchez chez les joueurs dans cet environnement?

Ken Holland : Il y a toujours les qualités les plus évidentes, soit le sens du hockey, les habiletés avec le bâton et le coup de patin. Un des ingrédients qui est important dans le sport est la capacité de performer sous pression. C’est un don de pouvoir offrir ton meilleur rendement au moment le plus important. Certaines personnes possèdent ce don, mais pas beaucoup et c’est ce qui distingue les excellents joueurs des bons joueurs. C’est une occasion d’observer qui joue vraiment dans un gros tournoi.

Jeff Gorton : Simplement leur façon de traiter la pression. C’est un environnement immense. Ces jeunes rêvent de profiter de telles occasions, ils rêvent de disputer ce tournoi et pour nous, c’est voir comment ils jouent sous ce genre de pression contre les meilleures équipes. Je crois que c’est énorme pour leur développement, c’est énorme pour nous de les observer dans cet environnement, et cela peut seulement être utile pour la suite de profiter de cette expérience qu’ils amassent en participant au tournoi de la Coupe Memorial.

Michael Futa : Leur façon de se comporter en général. Il y a un niveau de professionnalisme qu’on aime voir chez les joueurs, particulièrement leur façon de contrôler leurs émotions et d’être disciplinés. Une fois de plus, ce tournoi est à propos de votre équipe. Pour beaucoup de ces gars et certains des plus vieux, c’est leur dernière occasion d’enfiler le chandail de leur équipe junior et ils veulent conclure leur parcours sur une belle note. Il y a aussi le fait que trois champions arrivent à cette compétition et certains qui repartent du tournoi la mine basse. Cela fait partie de la réalité puisque vous devez vous rabattre sur le titre régional puisque seulement une équipe pourra soulever le trophée national et c’est ce qui rend ce tournoi si spécial.

Mark Kelley : Je ne crois pas que c’est nécessairement différent dans cet environnement. Nous recherchons des joueurs qui correspondent au modèle de la LNH. Le jeu évolue. Le hockey est plus rapide et le sens du hockey est certainement une caractéristique que nous recherchons. Je crois vraiment que nous cherchons des joueurs qui peuvent élever leur jeu d’un cran à la Coupe Memorial. L’enjeu est clair et à ce tournoi, il y a une combinaison de tout ce qu’ils ont fait pendant l’année. Il y a beaucoup de fierté pour les équipes et pour les ligues.

Y a-t-il un moment ou un joueur spécifique qui se démarque dans vos souvenirs de la Coupe Memorial?

Ken Holland : J’aime la Coupe Memorial parce que votre équipe doit se qualifier pour les séries éliminatoires, remporter quatre séries et disputer un autre tournoi où la pression est élevée. C’est une occasion incroyable pour ces jeunes joueurs de se développer et comprendre ce qui est nécessaire pour gagner. Certains joueurs doivent produire à l’attaque. Certains joueurs doivent être solides en défensive. Certains écoulent les pénalités ou mettent en échec les meilleurs joueurs adverses au cours d’une série et éventuellement, une fois rendus au tournoi de la Coupe Memorial, toutes ces expériences sont vraiment importantes et représentent une valeur dans le développement d’un jeune joueur.

Jeff Gorton : L’édition de 2000 était excellente puisque Halifax est une belle ville. Je me souviens d’avoir été sur place et qu’il y avait une très bonne équipe (Rimouski) et un certain Brad Richards qui a fait de belles choses avant de connaître une brillante carrière chez les professionnels. Le voir à ce tournoi nous a donné un aperçu de ce qu’il allait réaliser plus tard. On a pu voir qu’il pourrait tenir le coup sur les grandes scènes alors c’était très annonciateur pour le reste de sa carrière.

Michael Futa : Brayden Schenn. Certainement, vous êtes fiers de vos propres choix, mais puisque c’est un jeune de l’Ouest canadien et le voir performer à ce niveau était très plaisant à observer. Vous regardez toujours vos propres joueurs d’un œil différent C’est drôle parfois quand ils se retrouvent l’un contre l’autre. Tout est à propos de faire face à l’adversité et le succès qui va conduire au type de professionnels qu’ils deviendront.

Mark Kelley : C’est toujours intéressant pour moi quand on regarde les équipes qui ont gagné, le style de jeu qu’ils pratiquaient et comment certains joueurs se sont adaptés à ce style.

Quelle importance accordez-vous aux joueurs de la LCH par rapport aux joueurs des autres ligues?

Ken Holland : Je crois que la LCH a adopté un calendrier qui fait d’elle le circuit qui s’approche le plus de l’horaire de la LNH. Vous devez jouer fatigués, puis disputer quatre séries quatre de sept, alors c’est certainement une excellente ligue de développement puisqu’il y a 82 matchs dans la LNH et quatre séries quatre de sept pour ensuite soulever la Coupe Stanley. Cette expérience, dans le repêchage de jeunes joueurs ou ils ont disputé deux ou trois rondes éliminatoires et qu’ils se retrouvent possiblement à la Coupe Memorial. C’est difficile d’atteindre la finale de la Coupe Stanley. Il y a des expériences importantes sur lesquelles les joueurs pourront plus tard s’appuyer.

Jeff Gorton : C’est ce qui se rapproche le plus d’une saison de la LNH. D’avoir à traverser tout cela, il est difficile à cet âge de jouer autant de matchs, de faire autant de déplacements et de disputer ces compétitions. Les règlements sont les mêmes, les patinoires sont les mêmes, contrairement aux Européens, alors nous considérons vraiment la valeur ajoutée des joueurs provenant de la LCH en ce sens.

Michael Futa : Je crois que Don Cherry l’a dit, les équipes avec lesquelles nous avons remporté nos titres de la Coupe Stanley, c’était comme regarder des équipes d’étoiles de la Ligue de l’Ontario. C’est là où je me suis fait les dents et je crois que tout le monde regarde la LCH comme un des meilleurs terreaux pour les jeunes athlètes. En tant que ligue de développement, quand on tient compte de la qualité des entraîneurs et des joueurs qui en sortent, la longueur du calendrier, tout à propos de la LCH est comme un miroir de la vie dans le hockey professionnel. C’est ce qui facilite tellement l’évaluation d’un jeune qui évolue dans un circuit où l’enjeu est aussi élevé avec cette qualité de développement et d’encadrement. Le dépistage est une science imprécise, mais quand tu observes les jeunes d’un circuit comme la LCH, notre travail est vraiment plus facile.

Mark Kelley : La LCH est possiblement le circuit qui ressemble le plus à la LNH au chapitre du nombre de matchs et du style de jeu. Je crois que ça nous permet d’avoir une meilleure projection de l’avenir des jeunes joueurs.

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